Par France 3
Comment diminuer l’impact environnemental du BTP ? Depuis 2020, la loi AGEC impose au secteur du bâtiment de recycler au maximum les matériaux pour les réutiliser dans une économie circulaire. C’est le cas notamment pour le béton, gros contributeur de gaz à effet de serre.
Les tractopelles sont en action. Sur ce chantier de démolition toulousain en Haute-Garonne, les matériaux sont répertoriés et triés… Ferraille, béton, bois ou plâtre. Tout ou presque est conservé pour être réemployé.
Une obligation légale depuis 2020 et l’instauration de la loi dite AGEC, la loi anti gaspillage pour une économie circulaire. Un changement de paradigme considérable par rapport aux anciennes pratiques.
« À l’époque sur ce genre de démolition, il y avait très peu de tri, relate Louis Noell, ingénieur BTP. On cassait tout assez vite avec des pelles et on envoyait tout en enfouissement et cela créait des volumes et une pollution avec tous les plastiques, le placo, le bois, etc. Aujourd’hui, avec l’évolution de la loi, on fait du tri. »
Résultat, 98 % des déchets du bâtiment sont aujourd’hui recyclés. Seuls 2% sont enfouis.
Du béton notamment va être récupéré. Direction, une plateforme de recyclage à quelques kilomètres où le matériau brut sera transformé.
« Quand les gravats de béton arrivent ici, ils sont broyés puis tamisés. Il y a des gens qui enlèvent des impuretés et des systèmes d’air pour récupérer les légers et pour pouvoir faire, à partir d’un déchet, de nature hétérogène, une qualité à peu près homogène en sortie », complète Sébastien Lediffon, directeur du site Cassin recyclage.
Diminuer la pollution
Les gravats ou les poudres obtenus peuvent ainsi être réemployés. L’objectif est de diminuer l’impact environnemental du secteur du BTP.
Car le secteur du bâtiment pollue beaucoup. Il est responsable de près du quart des émissions de gaz à effet de serre en France. En cause, l’un des ingrédients du béton : le ciment. La fabrication d’une tonne de ce mélange rejette une tonne de CO2 dans l’atmosphère.
50.000 tonnes de dioxyde de carbone économisées
Grâce à son travail de recyclage, la plateforme toulousaine permet une économie de près de 50.000 tonnes de dioxyde de carbone chaque année. Les matériaux sont réintégrés à du nouveau béton ou servent de granulats.
Comme ici à Bouloc à 20 km seulement de l’usine. Ce futur parking reçoit une sous-couche de gravier recyclé.
« Cela reste sur un circuit fermé, donc la démolition se fait localement. Et de là, cela part sur la plateforme de recyclage où le matériel est traité à différentes granulométries, décrit Franck Bertrand, directeur des travaux chez Cassin TP. Et ensuite on le ramène sur un chantier pour qu’il soit réutilisé en circuit fermé. Les matériaux viennent principalement des démolitions locales. »
Une économie circulaire vertueuse et indispensable. Le béton est le 2e produit le plus consommé dans le monde après l’eau : 150 tonnes sont coulées chaque seconde.



