« La Bretagne reste dynamique, c’est notre chance. » Pourquoi le nouveau patron du bâtiment est « optimiste »

Hausse des prix des matériaux, contraction des carnets de commandes, instabilité gouvernementale et élection présidentielle à venir… En Bretagne, la filière du bâtiment est inquiète malgré l’embellie enregistrée dans la construction de logements neufs. Le Malouin Xavier Champs, élu à la tête de la Fédération française du bâtiment (FFB) Bretagne, ce vendredi 26 juin 2026, incite les entreprises à miser sur l’innovation et la formation.

Par Ouest-France

La Fédération française du bâtiment (FFB) Bretagne a changé de président. Le Malouin Xavier Champs, coprésident du groupe Aberis spécialisé dans l’agencement (180 salariés, 40 M€ de chiffre d’affaires), a été élu ce vendredi 26 juin 2026, pour succéder à Stéphane Le Teuff (deux mandats à son actif). Avec 3 500 entreprises adhérentes, cette organisation professionnelle représente les trois quarts de la filière, un pilier de l’économie bretonne qui pèse 12,4 milliards et 80 000 emplois.

Après la crise de 2023-2024, le secteur de la construction bretonne a retrouvé des couleurs avec une augmentation de 31 % du nombre de logements autorisés à la construction entre mars 2025 et février 2026. Êtes-vous optimiste pour les prochains mois ?

C’est un peu compliqué d’être optimiste en ce moment. Il y a beaucoup d’incertitudes, d’indicateurs qui suscitent l’inquiétude. La Bretagne se démarque avec 24 500 logements mis en chantier en avril 2026, mais le secteur rénovation, qui compensait jusqu’à présent la baisse de construction de logements neufs, se contracte légèrement en volume (moins 1,1 % ) sur un an. Ce n’est jamais bon quand vous avez une inversion de tendance.

Il y a aussi l’augmentation des prix des matériaux, jusqu’à 40 ou 50 % sur les matériaux issus des produits pétroliers (N.D.L.R. : liées à la guerre en Iran). Les entreprises la subissent alors qu’elles sont engagées dans les marchés et ne peuvent pas la répercuter sur leurs clients.

Enfin, il y a l’instabilité gouvernementale, l’élection présidentielle à venir. Pour que l’économie fonctionne, les entreprises ont besoin de se projeter mais quand vous n’avez que quatre mois de carnets de commandes, c’est difficile.

Xavier Champs, a été élu vendredi 26 juin 2026, président de la Fédération française du bâtiment (FFB) Bretagne. Ce Malouin codirige avec ses frères le groupe familial Aberis spécialisé dans l’agencement (180 salariés, 40 millions de chiffre d’affaires). | FFB

La commande publique peut-elle aider la filière à faire le gros dos ?

La commande publique, c’est 20 % de l’activité bâtiment. C’est essentiel. Nous n’avons pas d’inquiétude majeure sur la question. Les collectivités ont encore besoin d’investir dans les écoles, dans les infrastructures de loisirs. Il faut que la puissance publique continue de jouer le jeu.

Le tracé du Tour de France 2025 féminin vous séduit-il ?

La construction reste un secteur en tension qui peine à recruter. En même temps, les intentions d’embauche ont ralenti de 20 % en un an selon votre organisation. Quels sont les défis à relever ?

Il faut rester agile et innover. Par exemple, nous avons créé un groupe de travail sur les achats pour aider nos entreprises à mieux acheter car ils ont un impact direct sur leur marge. Il faut innover sur de nouveaux matériaux, sur la formation de nos collaborateurs, intégrer l’intelligence artificielle (IA) de façon réfléchie, continuer à valoriser nos métiers pour attirer les jeunes. Nous avons une chance incroyable : tous nos centres de formation sont pleins. C’est un des points qui nous permet de rester positifs. Un tiers des 3 500 apprentis de nos centres de formation possède le Bac et vient d’autres secteurs parce que pour ces jeunes en quête de sens, la construction en a.

Donc, optimiste malgré tout ?

Notre chance, c’est que la Bretagne reste un territoire dynamique. Je suis confiant car dans la région, on se parle entre partenaires sociaux, entre collègues, entre organismes professionnels. C’est lié à la fierté d’habiter dans cette région fantastique. Nous avons un objectif commun : bien vivre ici. Notre région a des forces incroyables qui nous permettent de rester optimistes.

Retour en haut